Robert n’échangera pas Halak

8 02 2010

Je vous connais, Canadien annonce une conférence de presse extraordinaire cet après-midi, et vous souhaitez vous y rendre dans vos plus beaux apparats. Hélas, pas moyen de zipper vos pantalons, de boutonner votre chemise, d’enfiler votre veston : le Super Bowl, hier, vous a taponné le corps d’une couche de gras. Si vous aviez préféré un abonnement à dietdetective plutôt qu’à la revue des témoins de Jéhovah, peut-être n’auriez-vous pas eu ce problème aujourd’hui. C’est que, nous apprenais M. Dion le 28 janvier dernier, quelqu’un a pensé à tout, démontrant que tout’ était dans tout’:

« Le Dr Platkin est un spécialiste de la nutrition. Il anime une émission de télévision et son site dietdetective.com dans les Internets donne toutes sortes de conseils sur la saine alimentation. Or on sait que la journée du Super Bowl est la deuxième de l’année, aux États, où il se consomme le plus de nourriture. Des cochonneries, de manière générale. Le Dr Platkin a donc confectionné une liste des «activités football» auxquelles il faudrait se livrer pour brûler les calories liées à l’ingestion de certaines denrées. Voyez plutôt.

Pour neutraliser l’effet sur le milieu du corps de la moitié d’une pizza de marque DiGiorno bacon-saucisse- pepperoni avec du fromage dedans la croûte, 299 danses d’après-touché dans la zone des buts de 15 à 20 secondes chacune seraient requises.

Pour compenser une tasse de macaroni au fromage crémeux, vous devriez peindre le visage de 38 amateurs de football professionnel.

Six pelures de pommes de terre garnies ( bacon, fromage et crème sure) de la chaîne T.G.I. Friday’s vous contraindraient à faire la vague 6389 fois.

Deux empanadas au boeuf avec crème sure? Magasinez de la nourriture saine pendant 235 minutes et vous n’aurez pas pris une once.

Un sous-marin grand format Quiznos aux boulettes de viande vous forcerait à monter les escaliers du Sun Life Stadium de Miami.

Pour effacer les traces de six ailes de poulet barbecue au miel KFC avec une petite trempette, vous pourriez jouer au football de manière professionnelle pendant 59 minutes. Et le Dr Platkin précise qu’il s’agit de 59 minutes de jeu, avec pas de temps d’attente dans le caucus ou sur les lignes de côté.

Une chopine de crème glacée Chubby Hubby de Ben & Jerry’s? Vous devez nettoyer le stade pendant 322 minutes sans faire de pause.

Pour six Sliders (des hamburgers petit format) de la chaîne White Castle, vous devrez parcourir le terrain de football d’un bout à l’autre, au pas de course, 129 fois.

Une bonne poignée de noix mélangées Planters et deux solides rasades de bière: 44 minutes d’entraînement de football.

Une chip de maïs genre tortilla trempée dans la trempette de fèves refrites mexicaine: danser sur la musique du groupe The Who, qui assurera le spectacle de la mi-temps au Super Bowl, pendant huit minutes et demie.

Quelques bouchées d’un sandwich Reuben (corned-beef, choucroute, fromage suisse, vinaigrette): jouer dans une fanfare pendant 48 minutes.

Quelques nachos avec tout le bataclan dessus: faire la mascotte pendant 97 minutes.

Un biscuit Ritz recouvert de savoureux Cheez Whiz? Il vous faudrait préparer les aliments, les faire cuire, les servir et tout nettoyer après le match pendant 21 minutes.

Huit croustilles trempées dans la trempette à l’oignon: parcourir à vélo les quelque 29 kilomètres séparant votre hôtel de South Beach de Miami Gardens, où se trouve le stade.

Et pour finir, pour deux grosses poignées de patates chips, il vous faudra courir sur une distance de 45 terrains de football. »

Voici l’article au complet, pour les intéressés de la chose. Au besoin, vous trouverez un mot croisé à compléter.

Métabolisme fou

M’enfin, d’ici à ce qu’on annonce le renvoi de François-Xavier Seigneur ou celui de Rolande Bernier : bon exercice!





Canadien et l’ALÉNA

7 02 2010

C’est la sacro-sainte journée du Super Bowl aujourd’hui. Ce moment de l’année où on se masse par millions devant le téléviseur, admirant des joueurs que nous ne connaissons pas, un sport dans une Ligne qui ne nous intéresse pas. Pour plusieurs, c’est une belle occasion de manger du gras en gang (remarquez l’occidentale allitération), pour d’autres, c’est une chance inouïe d’apprendre les règles sur le tas. Sans compter qu’aujourd’hui, les pubs, ça va vraiment être quelque chose, oh que! Près de 40% des Canadiens (pas les partisans de Canadien, plutôt cette population vivant à l’extérieur du Québec, dont nous faisons parfois parti, lorsque nécessaire) regarderont les pubs, ce qui a convaincu les pauvres entreprises à dépenser 3M$ le 30 secondes. Hélas, tout ça, évidemment, occulte un événement d’importance : le match le plus important de la saison de Canadien (un autre).

Mais occultons encore un moment.

Selon mes sources qui, elles, renvoient à d’autres sources : « selon Wired, la durée moyenne d’une joute de la NFL est de 3 heures 6 minutes. Or dans ces 3 heures et 6 minutes, on retrouve en moyenne 12 minutes et 8 secondes de jeu. Dans les ligues majeures de balle, nous dit Sports Illustrated, un match met en moyenne 2 heures 52 minutes pour se rendre à son issue. Là-dedans, 12 minutes 22 secondes d’action.[1] » C’est-y pas beau, le sport télévisé? Pis, ça met en perspective la beauté d’un sport comme le hockey, où on voit de l’action pendant 60 minutes. Ben sûr, y’a de mauvaises langues pour dire que la trappe tue le jeu, mais callipyge!… on voit au moins de l’action tout du long!

Bon, je dis ça, mais c’est un détour rhétorique, que voulez-vous, pour revenir à Canadien. Y’a que nos favoris sont de fins analystes. J’ai remarqué que le concept élaboré que l’équipe a ou n’a pas joué pendant 60 minutes revenait fréquemment. Voyez vous-même :

MTL-OTT : « Nous n’avons pas joué pendant 60 minutes. (B. Pouliot) »

MTL-NYR : « Dans les deux matchs, nous n’étions pas prêts à remporter nos batailles pendant 60 minutes. (B. Gionta) »

MTL-STL : « C’est un point gagné plutôt qu’un point perdu, j’ai vraiment aimé notre réaction en troisième. Je suis naturellement beaucoup moins satisfait de notre travail lors des deux premières périodes. (J. Martin) »

MTL-NYR : « Nous avons fourni un effort de 60 minutes cette fois et c’est ce que nous voulions. (J. Martin) »

MTL-PIT : « Ce que j’ai vraiment aimé du match, c’est la façon dont on a commencé et qu’on a travaillé du début à la fin. (J. Martin) »

Faut cesser de chercher de minuit à treize heures : quand Canadien joue 60 minutes, il gagne. Maintenant, s’il ne gagne pas tous les matches, c’est simplement qu’il est victime de l’américanisation de son style de jeu, oblitérant des minutes de jeu ici ou là au profit d’un commercial, d’un joueur qui se retire de la boîte, d’une visite du gardien au cercle de mise-en-jeu. Maintenant qu’on sait ça, y’a aucune raison que Canadien en échappe une autre. Mes amis, comme dirait un quart-arrière au moment de la remise : Ça sent la croupe!

Mes prédictions pour le Super Bowl : Canadien par 3.

La prochaine fois, nous verrons comment l’industrie du fixatif en aérosol l’a eu rough en maudit quand les arbitres de la Ligne ont été forcé au port du casque.

Bon match!


[1] Jean DION. « Patience et longueur de temps ». Le devoir. 19 janvier 2010





Hal Gill et Oulan-Bator

5 02 2010

C’est le matin, je me réveille dans un lit. Des larmes croûtées sur mes joues, des crottes dans le coin des yeux, une haleine de fond de canne. Je suis perdu. Qu’est-ce que je fais ici? Des bouteilles de 50 vides tapissent le plancher de la pièce. Un portable traîne dans un coin.

L’internet marche. C’est bon! Ma boîte courriel est pleine. Yannick m’écrit, me fait remarquer que je n’écris plus depuis deux ans sur Du bon bord de la puck. Deux ans?

Des images dans ma tête. C’est flou, comme un long rêve.

Umberger score, encore. Encore. Encore. Le CH perd contre les Flyers. La crise. Les autos en feu. Les accusations criminelles. Georges Laraque. Les gilets rayés laittes de barbier. L’adolescence difficile de Coeur de pirate. Le petit pénis à Latendresse. L’exil au Viêt-Nam. La Corrida. La roulette russe. Les casinos de Monaco. Les bordels d’Oulan-Bator. Guantanamo. Shawinigan. Un tatouage de Hal Gill sur ma poitrine.

Hal Gill… HAL GILL???

Oh mon Dieu. Ça me revient. La réalité me frappe en plein visage : Hal Gill joue pour le Canadien. Benoit Brunet est analyste des matchs à RDS. Nous sommes en 2010. Cauchemar!

Je comprends tout. Je dois reprendre ma vie en mains. Je dois me remettre à écrire sur Du bon bord de la puck.

Michou





J’ai plus d’amis que Darche sur Facebook

4 02 2010

Je vous voir venir d’ici avec vos sabots de mégère hongroise, prêts à crucifier le doute qui a hanté mon dernier billet. J’ai douté, certes, mais ai-je apostasié? Que nenni! Et puis, avez-vous vu l’aigle s’envoyer les jambières d’un bord pis de l’autre en attendant que Darche aille la mette dedans? Y’avait du flair dans mon last call de mardi, et les exprès sportifs l’ont reconnu. Que n’avez-vous pas entendu les RDSiens faire de Darche un joueur « indispensable », qui « pose un heureux problème aux dirigeants », ce même homme qui bringuebale son baluchon de hockeyeur de villes en villes depuis dix ans, et qui vient d’atteindre 100 matchs! Cet homme ne peut être qu’un sauveur, et il va sans dire que toutes les équipes se l’arracheraient, fut-il au ballotage. Que nous parle-t-on de Kovalchuk?… parlez-moi de Darche! Et puis, voyez ce que M. Martin avait à dire: « Euh… C’est un guerrier en d’autres mots. Euh… C’est un gars qui va à la guerre, c’t’un gars qui a beaucoup de détermination, qui gagne beaucoup de batailles. » Eh! On avait un Montcalm à l’âge de petit Jésus qui bâillait à Hamilton, prêt à venger l’échec des plaines, et on nous le cachait? Non, cet homme, dont le principal fait d’armes est d’être le 2e joueur de Canadien à porter le 52 n’est pas qu’un sauveur, c’est d’abord un Québécois.

Parlant du fait français – presque –, connaissez-vous Gabriel Grégoire (GG)? Cet exprès sportif qui monta au barricade pour critiquer Koivu et son pas de français, et qui le fit de merveilleuse façon. Allez voir. Grégoire vient de nous en donner une belle. Oh! Je sais, l’art de la citation appartient à Sportnographe, mais que n’avez-vous terminé votre secondaire, pour oublier qu’une citation sans commentaire, ça perd des points? Y’a que je voudrais comprendre, et je n’y arrive pas seul : aidez-moi. Que défend-il? Sa phrase était-elle terminée, ou ignore-t-il simplement l’intonation propre à la fin d’une phrase affirmative? Monsieur ou moi, c’est qui au juste? Use-t-il de démagogie, ou c’est seulement moi? Tant de questions auxquelles je vous convie de répondre, rapport que j’ai autre chose à faire. Du genre, regardez un classique, Canadien-Ours bruns. Brunet, au moins, je le comprends… Not!

Bon match!





Canadien est dans sa semaine

2 02 2010

C’est du moins ce que veulent nous faire croire tous les gros réseaux sportifs francophones lorsqu’ils affirment que la blessure de Cammalleri est une lourde perte. C’est que, comme me disait Arius l’autre jour : « God blesse Canadien. »

Et que faire?

Depuis que Kostitsyn et Cammalleri ont été suspendu indéfiniment pour s’être fait sortir le genou, j’ai la foi ébranlée. Je vous dit ça entre deux phrases de manière tout à fait naturelle, et pourtant c’est la première fois de ma vie. Que pourra Canadien sans eux? Ce soir, regardez bien Halak se poser cette même question, quand son territoire sera aussi occupé que la France en ’40 : que pouvons-nous sans nos ailiers? Il faudra, c’est inévitable, que Darche de Noé répète ses exploits de la Genèse, et sauve la barque.

Y croyez-vous?[1]


[1] Cette question, plus encore que fonction phatique, vise à vous engager dans le  blogue. Depuis quelque temps, en effet, je nourris le fol espoir qu’un réel débat de fond ait lieu sur Du bon bord de la puck, par le truchement de vos commentaires en réponse à mes opinions franches et tranchées. ‘ci.





Du bon bord de la puck recrute

1 02 2010

Que voulez-vous, on n’a pas tous la chance de naître dans un bungalow torontois, avec des rideaux en drapeaux canadiens. Ceux-là, ils l’ont facile, avec leur directeur général qui fait toute la job pour tout le monde avec des coups d’éclat pendant la messe du dimanche. Non, à Montréal, il faut se creuser les méninges. Voilà pourquoi il y a quelques jours déjà que je demeurais dans le silence, naviguant au gré des -20 degrés à la recherche de l’étincelle qui redonnerait un peu de bleu-blanc-rouge à ce Montréal sans Cammalleri (même Word ne sait pas comment l’écrire, celui-là).

Vous serez heureux, très chers, car à force de hurler Canadien à tout vent et aux coins de toutes les rues, j’ai fini par rencontrer quelqu’un qui voulait bien jaser choses sérieuses à mes côtés. Ainsi, dre là, je m’en vais honorer mes résolutions HD, et vous présenter une nouvelle collaboratrice : Pearl.

Je vous la présenterai dans le détour un de ces quatre où j’aurai des colonnes à remplir. En attendant, sachez que sa chronique, « Le cœur sur la glace », ajoutera un élément fondamental et pourtant jusqu’ici absent Du bon bord de la puck : la catharsis. Notre humeur fluctue au gré des victoires et des défaites de Canadien, et il est bon de parfois cracher le morceau. Pearl (enfin une femme qui jase hockey!), émotive et fébrile, sera notre porte-voix. Voici, donc, avec grande joie :

Le dilemme de l’excellence

Samedi le 23 janvier 2010, le Canadien a taloché les Rongeurs. Un coup de grâce.

Derrière ses deux pads blancs, l’aigle (il ressemble à un aigle, non[1] ?) a su réveiller en moi la passion qui, en fin de compte, ne sommeille jamais très fort.

Oui je me suis levée comme une hystérique à chaque plomb, j’ai même réussi à être nerveuse jusqu’à la dernière minute du match où MON slovaque pratiquait son art. Des hurlements vous dis-je, des hurlements !!!

Oui, j’ai repêché Halak dans mon Pool cette année. Aucun lien.

Je me suis réjoui d’autant d’excellence parce que Price n’est pas autant en « feu », Price est le chouchou de Bob, Price est plusss large, plusss beau, plusss jeune, plusss…

Mais voilà que le rythme des gardiens 0,5 recommence; dès que l’un d’eux vit une défaite, on « béhaviorise » et on renvoie le fautif au rancart; KIN l’imparfait ! KIN !

Derrière le banc et derrière le derrière de banc, on semble espérer que la puberté de Price s’évanouisse en une série de performances matures et sobres. Y en a déjà un qui est mature pis efficace !! Ça leur prend quoi ?

Alors en attendant que Price éclose, je me délecte de l’envolée confortable du rapace et je bois une bière en grinçant des dents; 0-0 face au Panthères. La musique est trop forte, le service est pourri, la viande n’est pas fraîche mais mon coeur lui, est sur la glace.


[1] NDLR À ne pas confondre avec Marc-André Bergeron qui, lui, ressemble à un aiglon. On y reviendra.





Lexique de hockey pour les nuls – 2e partie

26 01 2010

Mes très chers, je vous entends d’ici maugréer, la tête au fond de l’amphore déjà vide : vous pensiez avoir soulevé un coin du voile en apprivoisant le hockey, mais voilà que le sens de c’te belle grande boule qui spine vous échappe à nouveau. Il n’en fallait pas beaucoup : une victoire de Canadien au New Jersey (une 4e en 32 occasions depuis 1994), la fin de l’ère des végétaliens dans la Ligne nationale et de vrais sanctions même pour les bons joueurs. Normal, dans pareil revirement, de perdre le Nord et de songer au bon vieux temps paléolithique avec un brin de nostalgie. Mais je vous ai entendu, et vous ai concocté de quoi reprendre contact avec les vraies affaires. Voici donc le deuxième volet de mon Encyclopédie universelle de hockey (vous trouverez ici la première partie).

Équipes

Nordiques de Québec : Certains veulent nous faire croire, non sans une certaine réussite, qu’ils sont une manière de paradis perdu. Les partisans de Canadien les aimaient pas mal parce que c’était bon les détester. C’est vrai qu’il y avait une belle rivalité de batailles générales entre ces deux équipes. Le but d’Alain Côté était bon [on y reviendra].

Joueurs

Scott Gomez : Ne vous laisser pas berner par son salaire exorbitant (8M$), cet homme devait, un jour ou l’autre, se retrouver avec Canadien. Le premier joueur latino de la Ligne est un des rares joueurs nés en Alaska; certaines mauvaises langues disent qu’il fait déjà mieux que Koivu en prenant des leçons de français. N’est-ce pas un magnifique exemple d’accommodement raisonnable?

Carey Price : Il est une incarnation contemporaine de la victime sacrificielle. L’homme que l’on surnomme Jesus Price – désormais avec une certaine ironie – a de moins bonnes statistiques que son homologue biblique : il n’a que vingt-deux ans et déjà on l’a cloué sur la croix du Mont-Royal.





La cour d’école

23 01 2010

Y’avait pas de portes de garage dans mon coin, pour pratiquer mon slap. J’avais pas de vrais filets non plus, enfin, au début. Mais je vivais dans un labyrinthe de ruelles, à l’ombre de plusieurs cours d’école. Mon voisin était du genre casquette à l’envers, civic coupé et pantalon jogging le dimanche, mais par-dessus tout, il avait un équipement de gardien, un vrai, pour jouer su’a glace pis se bouffer des slaps à cent mille à l’heure. Des fois, il le sortait pour jouer avec nous dans la ruelle. Ici, ici, ci, ci, ci. J’la voulais la balle, tout le temps. Poteau rentrant, come on, je l’ai vu, j’étais ben mieux placé. Pas de filet, disais-je, et mettez une humeur de mauvais perdant en plus. Valiquette, mangeux de puck. Valiquette, scèneux. Valiquette la tapette. Valiquette tabarnac d’ostie. Dans la ruelle, j’ai appris à sacrer comme tout le monde. J’étais un vrai ti-cul qui jouait parfois aux grandes personnes, comme tout le monde. Puis j’ai joué pour vrai, d’arénas en arénas, une lettre pis deux lettres, Mont-Laurier, St-Agapy, Louiseville, coach cravate, et moi bientôt en cravate : la grosse classe. Au fond, les mêmes enfants qui se tapent dessus, qui sacrent en pognant le poteau, en donnant un six-pouces, en mangeant un double-échec dans le dos. Le hockey est un sport de grands enfants.

De grands enfants, les partisans cyniques, nus d’espoir à la mi-saison, qui renvoient Robert Gainey aux deux semaines, qui échangent la moitié de l’équipe chaque mois, qui s’acharnent sur tel joueur, finissent pas le huer; de grands enfants ceux qui oublient qu’il y a trente équipes dans la Ligne, que Canadien n’est ni pire, ni mieux, et fait son gros possible.

De grands enfants, les éternels optimistes, gonflés d’espoir à chaque victoire, qui voient en chaque nouveau venu avec l’équipe un messie, qui surévaluent chaque joueur de Canadien en croyant obtenir Kovalchuk pour Halak, qui s’excitent au printemps non parce qu’il fait chaud, non pour les jupes des filles, non pour les vacances prochaines, mais pour le doux parfum de la Coupe; de grands enfants ceux qui oublient que Canadien fait son gros possible, mais n’est ni pire, ni mieux que les trente équipes de la Ligne.

De grands enfants les joueurs qui veulent toujours plus d’argent, comme Latrell Sprewell, dit le rastaquouère, qui leva le nez sur une offre de 21M$ pour 3 ans en déclarant que c’était une offre humiliante et qu’il avait une famille à nourrir.

De grands enfants les exprès sportifs qui enfreignent le code déontologique du journalisme pour faire les manchettes, qui oublient qu’une rumeur n’est qu’une rumeur, qui oublient qu’ils ont une tribune et donc une responsabilité.

De grands enfants, ceux qui s’emballent le cœur à l’idée d’un match de Canadien. On est samedi, et je m’en vais faire mon grand enfant. Bon match!





Kovalev : Un artiste en mission

20 01 2010

Bon, je vous ai laissé hier avant d’assister au match historique Rongeur-Canadien, historique par le fait qu’il dura plus de 61 minutes et ce, sans prolongation. Si vous ne comprenez pas, c’est que vous l’avez raté : tant mieux pour vous. Si vous avez manqué le début de l’article, vous le trouverez , ça pourrait vous aider (quoi que…).

Bon, faut d’abord se remémorer « avec des trémolos dans la région comment le macaroni au fromage a bercé nos jeunesses d’étudiants avec pas d’argent. » Ça a l’air facile, de même, de croire que ce temps est révolu, mais que fallait-il ignorer ces étudiants qui ont décidé de devenir artistes? Oh oui, on est encore près du Kraft Dinner aux lèvres par chez nous, et c’est encore pire sous l’ère Harper. Encore hier, les coupures m’ont obligé à annuler ma tournée pan-Bangladesh, qui devait me permettre de me reproduire de Dinajpur à Habiganj, en passant par Bagerhat. M’enfin, heureusement qu’il y en a pour nous défendre, et c’est exactement là où je voulais en venir (z’allez voir, on se repogne au détour des prochains paragraphes).

Kovalev, preux chevalier. Qui fut assez sournois pour te huer, samedi dernier, toi que jadis on acclama? Kovalev, vous l’aurez deviné, est la nouvelle recrue pour mon top quelque chose des joueurs hués. Or, Kovalev n’a pas quitté Montréal de plein gré, pas plus qu’il n’a été chassé par Robert. Non, il est parti poursuivre sa mission. C’est que Montréal n’a pas fait Kovalev, mais il lui a donné son statut d’artiste. Rappelons nous à Jean Basile, qui avait menti sur son lieu de naissance : « […] j’insistai pour que l’on écrive sur la couverture que j’étais né à Montréal, ce qui n’était pas vrai. Pourtant, ce ne fut pas un mensonge non plus puisque c’est à Montréal que je suis né romancier.[1] » Kovalev, celui qui, l’instant d’un but, nous rappela le démon blond, spectaculaire les cheveux au vent, celui qui concrétisa l’historique remontée de Canadien face aux Rongeurs et qui devait nous faire croire à la Stanley, cet homme, nous lui devons beaucoup, mais le titre d’artiste, ce fut notre don. Maintenant être artiste ce n’est pas crier Olé! tous les jours au Québec, et Kovalev a compris que jouer dans la LNH, c’est un sideline par trop supérieur à celui de serveur, et cette sécurité financière lui permet de prendre un peu de son temps pour défendre les artistes qui s’ennuient des subventions.

Or, tandis que Montréal a fait naître Kovalev l’artiste, c’est à Ottawa qu’il devait se faire entendre : aller chatouiller de près Harper, jouer un peu les noires pour ébranler la tour d’ivoire de notre cher Premier (prononcez à l’anglaise s’il-vous-plait). Maintenant, si Kovalev est hué, il ne faudra pas s’en étonner : défendre le droit des artistes est une excentricité que peu de gens cautionnent. Mais, au fond, y’a quelque chose de rassurant dans la pérennité des mythes, et c’est ce réconfort que nous offre Kovalev, victime sacrificielle d’un temps post-post-moderne, en incarnant l’artiste incompris. Kovalev, bon cœur malgré quelques opérations, prend tout sur lui et nous représente, par-delà la rivière des Outaouais. Et seriez-vous attentifs, l’entendriez marmonner, cependant que l’hymne retentit avant le match : We’re doing all right / we’re doing fine / we / are not alone / nous savons / que nous ne sommes pas seuls.

La prochaine fois que vous ressentirez un titillement dans la mousse de nombril vous poussant à huer Kovalev, songez plutôt au Kovalev mécène, défenseur des démunis, à Kovalev l’artiste.


[1] MARTIN, Raymond. Interview de Jean Basile. « Moebius » (La solitude). n°39, hiver 1989. p. 20





À suivre

17 01 2010

Comme dirait l’autre, il se passe des choses dans le merveilleux monde du sport, et pas à peu près. Et comme si c’était pas assez, les exprès sportifs en ajoutent, comme en témoigne ce bijou entendu sur des ondes douteuses cette semaine et recueilli par un cher cousin, bijou que je vous transmets sans plus attendre.

Un partisan quelconque : Vous, on sait ben, avec votre parti pris souverainiste et… Je suis littérateux, pas patenteux, ce pourquoi je vous transmets ça en différé écrit. Michel Villeneuve : Pardon?! Je suis journaliste et demeure impartial. Jamais je ne dévoilerai mes allégeances à quelque idée politique que ce soit, et pis d’ailleurs je suis fédéraliste.[1] S’il se trouvait un patenteux pour trouver le document audio, je vous le repasserai en mille.

Ça vous a tout l’air sorti de nulle part, c’te citation, mais faudrait pas croire chose pareille. Je vais même m’en permettre une autre, pour faire avancer le propos, de Jean Basile[2] celle-là : « Les sportifs, ça ne vaut rien, parlez-moi des intellectuels. » Pourquoi pas? Après tout, y’a un certain Jean Dion qui m’a donné une belle mission, avec son article du mardi, en terminant ainsi son article (pour les néophytes du blogue, allez lire ceci, section Résolutions HD) : « La prochaine fois, nous nous remémorerons avec des trémolos dans la région comment le macaroni au fromage a bercé nos jeunesses d’étudiants avec pas d’argent. »

Tiens, vive la citation… Patrice Desbiens :

Cette fois dans sa fenêtre  il pleut

des nouilles Kraft Dinner

maudite température de célibataire.[3]

C’était tout beau, mais voyez l’heure : j’irai pas rater une seule syllabe de l’hymne à la beauté nationale. À suivre, donc (vous l’avais dit).


[1] Entendu sur les ondes de « Corus Sports », pendant Les amateurs de sports la semaine dernière, mercredi, ou jeudi, ou vendredi. Voyez, je fais mon exprès sportif : je manque de rigueur.

[2] L’auteur de ce blogue rédige (sic) présentement un mémoire sur une trilogie romanesque dudit auteur.

[3] DESBIENS, Patrice. La fissure de la fiction. Etc. p. 38