Points de suture et autres chirurgies esthétiques…

22 04 2008

Saint-Michel, tu as misé dans le mille avec ce bel exercice de numérologie: il suffisait de peu de choses pour démontrer l’irrémédiable, le prévisible, l’inéluctable, et autres synonymes (quoique les synonymes sont un leurre langagier: une nuance, toute ténue soit-elle, marque une différence entre les mots) à propos. Et cependant, quel brio! Je te savais apôtre de faits triviaux et partisan de chiffres qui n’ont aucune incidence sur nos vies, et voilà que tu t’es trouvé une nouvelle vocation. De vulgarisateur pour les irréductibles partisans, de sauveur pour les sceptiques impies. Voilà, ce devait être dit.

Marre, j’en avais marre de lire des éditoriaux (peut-on écrire un éditorial si on n’est qu’un “journaliste” sportif, ou est-ce un terme réserver aux chroniques des vrais journalistes?) qui conféraient un avantage aux Bruins. Diâble, peut-on m’expliquer deux choses: d’un, comment les Bruins pouvaient-ils avoir quelque avantage sur le Canadien (après tout, on est en 2008); de deux, comment peut-on jouir d’un avantage alors que le match n’est pas commencé. Car, en effet, dois-je vous rappeler qu’avant que le match ne commence, le pointage était bien de 0-0. M. Farber, de Sports Illustrated, allait même jusqu’à avancer que les Bruins étaient en avance, 3-3. Je ne sais pas si les 536 existent aux États-Unis… Aussi, j’aimerais m’avancer plus avant sur ce phénomène de l’avantage, procédé subjectif et souvent énoncé à la hâte pour se donner des airs avec des constats impérieux. Combien de fois entend-on, au cours d’un match dont le pointage est égal (0-0, 1-1, 2-2, 3-3, 4-4, 5-5, etc.), que telle ou telle équipe a l’avantage sur l’autre? Non! Le pointage est égal. L’engeance humaine est-elle à ce point narcissique qu’elle se croit autorisée de passer outre l’inattaquable vérité des chiffres? Toute cette démonstration est de toute façon inutile, car il suffisait d’être devant un téléviseur hier soir pour savoir que les Bruins n’avaient pas, n’avaient jamais eu, et n’auraient jamais l’avantage sur nos Glorieux. Quel programme de démolition!

Puisque nous y sommes, je profite de ce charmant Soleil Canadien et du lit de verdure depuis lequel je vous écris, bien sur mon cul, pour tâter les quelques heures qui nous séparent de la prochaine ronde. Plusieurs affirment qu’il serait préférable d’affronter les Flyers (à raison de 84% d’après le scientifique sondage de rds.ca), peut-être par appréhension de l’exaltation que procurerait l’époumonage conséquent à la présence de Brière, le traître nouveau; peut-être est-ce aussi pour n’avoir pas à affronter un de nos démons, les Rangers, qui sont impitoyables au point de battre nos Amours même quand la moitié de l’équipe a la gastro, souvenons-nous. Je m’en remets à Michel pour établir une allégorie numérique établissant les réels enjeux que nous proposerons les prochains adversaires. Voici quelques réflexions qui introduisent un peu les deux équipes:

- Les Rangers sont menés par Jagr, qui n’est pas sans rappeler (feu) Z-deno Char(i)a, à savoir : grand et Tchèque. Il serait donc une cible choisie pour le CH, comme le confirme le dicton: Il faut battre le Tchèque tandis qu’il est chaud.

- Les cerbères québécois font la vie dure au Canadien. Thibault, Denis, Sabourin et Leclaire, pour ne nommer que les moins bons, ont blanchi le Canadien cette saison. Peut-être serait-il risqué d’affronter Martin, le sympathique Biron. Aussi, huer Brière peut s’avérer agréable, mais encore faudrait-il l’empêcher de marquer: le néo-traître à la voix de stentor serait certainement l’élu de madame conne Smythe si elle devait choisir demain son héros.

- Canadien n’aligne plus Benoît Brunet, mais il peut encore être fragile, comme l’ont démontré plusieurs chevilles en fin de saison. Il serait peut-être risqué d’affronter les Flyers, guillotineurs comme à leurs plus beaux jours, où il fallait réunir une ligne entière pour dénombrer une dentition complète. Quant à eux, les Rangers sont inoffensifs, réunissant un grand nombre d’européens avec des visières.

- Enfin, il serait excitant – et je ne doute pas que les journalistes feraient de ce suspense un sujet de prédilection, jour après jour après jour – de voir la rivalité qui ne tarderait pas à s’établir entre Price notre Héros et Avery le raciste. Aussi pourrions-nous, au terme de chaque match, poser la grande Question: Price serra-t-il la main de Avery au terme de la série?

Voilà quelques a priori, qui jette une lumière blafarde sur ce qui risque d’être un autre bon moment de hockey. Cependant, peu importe l’adversaire que Canadien devra vaincre, je n’ai aucun doute que la Sainte-Flanelle amorcera la série avec un avantage sur celui-ci.
Merci d’avoir eu le guts de jeter autant de temps aux oubliettes, je m’en rappellerai.

Yan-Yan





C’était écrit…

22 04 2008

Votre barbe de séries a-t-elle souffert d’une trichotilomanie secondaire au stress engendré par les mauvais jeux de Brisebois en première? Quelques uns de vos doigts souffrent-t-il d’une paronychie liée à un rongeage compulsif de vos phanères? Avez-vous méticuleusement arraché les étiquettes de vos bières pour pouvoir les offrir en sacrifice aux fantômes de la flanelle? Avez-vous sauté par-dessus les craques de trottoir toute la journée? Avez-vous remis le t-shirt taché de salsa à nachos que vous portiez le soir du 1er match de la série?

Envisagiez-vous l’impensable : que les Bruins l’emportent? Finalement; étiez-vous nerveux, hier?

Moi? Pas le moins du monde. Tout comme ceux qui avaient pris la peine d’analyser la situation sous toutes ses coutures, je n’ai jamais douté du triomphe du Canadien en ce lundi soir d’avril.

Les signes étaient clairs pour qui sait les reconnaître :

- Le Toronto Sun avait pris la peine de souligner en première page de son édition du 20 avril la victoire des Bruins dans le sixième match. On avait même pris la peine d’essayer d’effectuer un rapprochement entre l’édition 2004 des nounours et l’édition 2008 de notre CH adoré. Les dieux du hockey n’auraient pu laisser impuni un tel outrage, surtout qu’il était l’œuvre de païens de la ville damnée.

Une Toronto Sun

- Réjean Tremblay avait demandé d’utiliser Halak dans le 7e match. Il était certain que l’issue du match allait venir lui rappeler cruellement son absence de talent stratégique hockeyen.

- Guy Carbonneau allait assurément remettre sa magnifique cravate, souvenir de part ses accents psychédéliques de l’époque glorieuse du CH des années 70.

La cravate magique de carbonneau

- On venait d’annoncer que le Centre-Ville d’Alma allait être rénové.

- La « strap de casse » de Tim Thomas s’était rompue lors du 6e match, signe indéniable que Boston allait « perdre la face » dans le 7e match.

- Pour terminer, les chiffres, qui, comme chacun le sait, ne mentent jamais, annonçaient clairement le triomphe de la sainte flanelle dans cette série. En effet, ces derniers nous parlent, écoutons ce qu’ils ont à nous dire:

#1. La date du match d’hier :

21/04/08 => 21+4+8 = 33.

Numéro de Kovalev, joueur clé du CH = 27. Nombre victoires de ce dernier dans un 7e match en série advenant une victoire contre les Bruins ce lundi : 6.

27+6= 33.

Statistiques de Price en saison régulière :

% arrêt : 0.920

moy. But/partie : 2.56

Victoires-défaites : 24-12

Additionnons le tout :

0+9+2+0+2+5+6+2+4+1+2 = 33.

33, ça vous dit quelque chose? Serait-ce le numéro du dernier gardien à avoir remporté un 7e match du CH en série (contre des baleiniers, à ce qu’il paraît) par hasard, même gardien auquel on compare l’actuel cerbère du CH? Serait-ce l’âge de décès d’un certain barbu (comme la tradition le veut dans les séries) auquel on fait souvent référence en parlant de notre portier (Jesus Price)?

#2. Fiche du CH en série contre les Bruins quand ils auront remporté le 7e match de cette série (nombre de séries gagnées – perdues):

24-7 => 24+7 : 31.

Fiche du CH alors qu’il mène une série 3-1 : 27-0

3+1+27+0 = 31.

31. Ce numéro vous dit-il quelque chose?

#3. Date de fête de Price :

16 août : 16/08 : 16+8 = 24.

Nombre de coupes Stanley remportées par le CH : 24.

#4. Pensons maintenant à trois villes importantes dans la vie du jeune homme.

a) Vancouver, CB (lieu de naissance) : Code Postal de la mairie: V5Y 1V4; Code régional (604).

b) Williams Lake, CB (lieu de résidence) : Code Postal de la mairie : V2G 1N3; Code régional : (250).

c) Montréal, Qc :Code postal de l’hôtel de ville : H2Y 1C6 ; Code régional : (514).

Additionnons maintenant les chiffres présents dans les divers codes postaux :

(5+1+4) + (2+1+3) + (2+1+6) = 25.

Additionnons les codes régionaux :

(6+0+4)+(2+5+0)+(5+1+4) = 27.

Nombre de coupes que nos Glorieux auront lorsqu’ils la remporteront cette année avec le jeune Price : 25.

# du joueur qui recevra des mains de Price la coupe Stanley après que Koivu lui aura préalablement tendue : 27, Kovalev.

L’évidence MÊME!

CQFD.

Comme dirait Jean Dion: une autre preuve que toute est dans toute.

Comment peut-on même envisager la défaite dans un simple 7e match contre les oursons alors que tout indique que Price est destiné à remporter la coupe avec le CH cette année???

Gens de peu de foi. Comme Pierre, qui s’est enfoncé dans les eaux du lac Tibériade après avoir douté, vous aurez sombré le temps d’un instant dans la mare du négativisme. Le doute est humain. Cependant, tout comme l’apôtre qui aura finalement été sauvé par l’amour du Christ et aura vu l’esprit sain descendre sur lui à la Pentecôte, vous serez sauvé par un arrêt du biscuit de Price en finale contre Détroit et verrez la lumière du soleil vous chauffer la bedaine alors que, sur votre chaise pliante, vous profiterez du beau temps de juin aux abords de la rue Sainte-Catherine.

Au plaisir!

Michou