Je serai le seul à l’avoir dit (heureusement), mais Canadien gagne ses deux matchs en main sur Ottawa: 6pts de la 8e.
Ok. Je retourne dans ma tanière.
Là où elle roule toujours de notre bord
Y’a des guerres qu’on ne sait même plus comment elles ont commencées. Une haine transmise de génération en génération, qui prend forme dans un poing refermé, dans des phrases creuses, vides, décontextualisées. Une violence faite de préjugés, d’incompréhension et de méconnaissance. Tous les jours, y’a des femmes et des hommes qui en meurent. Mais y’a une autre haine: celle des Bruins.
Je sais que, né à Boston, j’aimerais beaucoup les Bruins. Juste pour ça, je ne les déteste pas. Mais j’aime beaucoup ne pas aimer Chara, Marchand et cie. C’est compliqué, l’amour, et ça demande parfois des phrases complexes, faites de paradoxes. On s’expliquera peut-être tout ça un jour, mais d’ici là, Canadien s’en va refaire le scalp du Boston ce soir. J’ai pensé que vous ne détesteriez pas nourrir votre haine pour eux, en attendant. C’est pourquoi je vous laisse à ce moment magnifique en compagnie de Zdeno le lapin. Comme quoi même le moment le plus attendrissant peut nourrir la haine.
Au fait, si ça peut vous rassurer, les partisans du Boston n’aiment pas Canadien, en retour. Y’a quelque chose de sain dans cette symétrie, trouvez pas? M’enfin, sur la liste des joueurs les plus détestés des partisans du Boston, Subban est 4e. Si la liste complète vous intéresse, vous la trouverez là.
Allez, bon match!
C’est pas toujours facile, oh non. L’humilité, je veux dire. Le désir de vouloir créer, de s’approprier un événement et de vouloir le faire sien. Il est bon de sentir que nous ne sommes pas seul, mais il est si glorieux de sentir que nous détenons un angle nouveau, que nous avons compris quelque chose de neuf, que nous avons pensé à quelque chose qui n’existait pas. Bien sûr, je parle de Canadien. Comme d’habitude, et comme tout le monde. Et tandis que DBBDLP nait d’un désir de faire les choses autrement – Legault ne l’aurait pas dit autrement, simplement avec moins d’honnêteté –, il n’est pas toujours facile d’inventer sur Canadien. Que voulez-vous, les individus qui constituent Canadien sont, à l’instar des pauvres brebis égarés que nous sommes, des êtres limités. J’en prends pour preuve Jacques Martin, qui se vantait d’être complètement déconnecté du monde : « Je ne m’intéresse pas à ce qu’on raconte dans les médias. Je ne regarde pas la télévision et je ne lis pas les journaux. » Non, avec Canadien, on ne réinvente pas la roue.
Sauf qu’on peut joindre des voix trop souvent tues. Des voix qui ne réclament pas la tête de Martin, ni celle de Gauthier, ni la bière de Molson. On peut ne pas paniquer devant un mauvais début de saison. Devant, devrais-je dire, une fiche peu reluisante, malgré plusieurs aspects positifs.
Y’a que Canadien ne joue pas mal. Pas du tout. Canadien fait des bourdes défensives auxquelles nous ne sommes pas habitués, c’est vrai. Mais à 5 contre 5, Canadien a 14 buts pour contre 14 buts contre (remarquez la savante redondance des termes). Ce sont plutôt les unités spéciales qui gâchent la patente. À -8 à inégalité numérique, Canadien croupit à l’avant-dernier rang en avantage numérique, et au 20e rang en désavantage numérique. Justement, le manitou de l’avantage numérique, Kirk Muller, n’est plus avec l’équipe. On peut penser que Cunneyworth le remplacera adéquatement, mais on peut comprendre une certaine période d’adaptation. Or, qu’est-ce que l’état major Canadien a fait devant la crise? Il a congédié Perry Pearns.
J’allais vous parler aujourd’hui de l’importance des assistants-entraîneurs, et voilà qu’on en congédie un. Rien ne se perd, rien ne se crée, vous disais-je. Le départ de Pearns ne règle rien, mais il démontre ce que je voulais démontrer : le système de Canadien n’est pas défaillant, mais les unités spéciales méritent une attention particulière. Le départ de Pearns s’inscrit dans cette pensée. Il ne règle pas tout, mais il démontre la bonne gérance de Canadien : on ne part pas en peur comme trop d’exprès sportifs, on pense aux détails qui feront de Canadien une équipe gagnante.
À nouveau, donc, j’en appelle aux détracteurs de Canadien : que sont six défaites de suite dans une saison de 82 matchs? Une mauvaise séquence. Elle serait survenue plus tard que jamais nous n’aurions réclamé la tête de quiconque. Depuis qu’il est à la tête de Canadien, Martin a démontré que son système était plate mais efficace. Pour reprendre un cliché, les joueurs ont acheté son système. Vraiment. Ce n’est pas le temps de le renvoyer, au contraire. Un peu d’espoir, juste un brin, svp.
La prochaine fois, si la grogne continue, nous ferons une corrélation entre les gens qui réclament la tête de Martin et la croissance impressionnante des divorces au Québec. Du rigoureux journalisme, promis.
Y’avait du bruit, cette semaine. Quelque chose comme un fielleux crachat de partisans aigris. Canadien chéri transformé en équipe maudite qu’on voudrait licencier. Du vrai capitalisme fanatique. Au cours de la saison, on ne devra pas s’étonner que Canadien en échappe quatre de suite, mais en début de saison, quand le chiffre dans la colonne des victoires n’est pas assez gros pour nous faire oublier la vilaine séquence, c’est terrible. Et ça fait du bruit. Un paquet de mononcles étiquetés exprès sportifs montent au barricade et lancent des pavés sur l’équipe. Faudra pas s’étonner que Canadien ait autant de blessés. Parmi eux, y’a toujours quelques nostalgiques pour évoquer une gloire perdue. Comme mon livreur de St-Hubert qui croit que Canadien ne gagnera plus tant qu’il n’alignera pas davantage de Québécois. Du bruit, beaucoup de bruit. Après la victoire de ce soir, il ne restera plus qu’un murmure, mais d’ici là, je vais au moins satisfaire les plus nostalgiques des mécontents. Voici donc le retour de la chronique “À l’épreuve du temps”, qui vous offre aujourd’hui un authentique match Canadien-Leafs datant de la saison 1933-34. Ne soyez pas surpris si le calibre vous rappelle celui d’une pratique de Pee Wee, et excusez le noir et blanc qui rend indifférenciables les couleurs portées par les deux équipes. Si ça vous intéresse, les buts surviennent à 3:35 et 6:35, et bien qu’ils datent, ils ne constituent pas pour autant un moment d’anthologie. Et vous savez le pire? Canadien ne gagne même pas. Même que cette année-là, le Toronto a fini devant Canadien. Je serais pas surpris qu’il faille blâme un mauvais début de saison de Canadien.
Bon, allez, bon match!
Il y a eu de belles percées populaires dernièrement, assez pour justifier un peu d’espoir. Cependant que le Square Victoria est occupé, que la rafale du printemps arabe souffle toujours, je me suis dit que c’était mon tour de faire ma part.
C’était un peu gris dehors, ma connexion internet ronronnait comme jamais, alors je me suis dit que j’irais faire un tour sur le site du Coyote de Phoenix. À regarder les sièges libres au match d’hier, je me suis dit qu’ils devaient être bien peu à aller minauder sur le site, et que ce serait là ma bonne action, renflouer les visites d’un site délaissé. Mourir pour des idées vous dites? Rien de moins.
La page d’accueil de l’équipe ne tarde pas à nous surprendre. Ce n’est pas encore l’appel révolutionnaire du marketing de Canadien, « s’élever ensemble », mais c’est quand même un acte de foi appelant à la résistance. Un manifeste, rien de moins, où on amalgame l’effort marketing à celui de gagner des matchs. On se montre bon et fort de conserver une équipe à Phoenix, et on met cette force en parallèle avec l’aptitude de l’équipe à remporter des matchs et ce, même avec Smith dans les buts. Une posture épique à une situation qui en impose. Vraiment, un manifeste, c’était le moins qu’on pouvait faire. Qui a dit que le manifeste était un genre suranné?
La prochaine fois, il s’agira de notre propre manifeste. Le manifeste du Parti Canadien, dont les bases reposeront sur le consensus. On y évoquera les deux solitudes, la révolution du Rocket et la lutte militante de la famille Molson. En espérant illuminer les esprits et changer un peu le monde.
Histoire de soulever un tollé, je vais paraphraser Don Cherry. Hey! Les jeunes à la maison, ne cessez pas d’aller à l’école : il est des choses que le hockey ne vous apprendra jamais, et que l’école enseigne. Le hockey n’est pas un bon sport pour apprendre les mathématiques. On parle sans cesse de match de quatre points qui en valent, en réalité, deux. On y enseigne un système 1-2-2, une pure abstraction que ne résout pas l’arithmétique. Le hockey a son histoire, mais il faut s’en méfier. On y apprend la gloire de Canadien, en complète rupture avec la nouvelle réalité 2.0 de l’ère qui nous préoccupe.
Le hockey se prête un peu mieux à la géographie. Par le biais du décalage horaire, on apprend assez tôt la position géographique de San Jose, par exemple, qui serait restée autrement dans l’oubli. Il n’est pas rare que je rencontre quelqu’un qui vienne d’une ville obscure, mais qui m’est familière grâce aux ligues marginales de la AHL et de la ECHL. Hier encore, je discourais savamment de Norfolk à une native de la place. On peut donc se tirer d’affaire avec un savoir hockey, mais si on veut une réelle culture, l’école est encore la meilleure option. C’est pourquoi DBBDLP veut travailler à concilier culture et hockey. Après tout, nous sommes dans l’ère Marc Denis, et plus que jamais, il semble possible que les joueurs de hockey s’expriment bien. Nous débuterons donc les leçons aujourd’hui, augmentant graduellement le niveau de difficulté.
Aujourd’hui, l’alphabet. L’alphabet, c’est la base, et on sait tous que la base, c’est ce qui te (pardonnez ici l’utilisation de la deuxième personne du singulier à des fins pédagogiques) fait gagner des matchs. En espérant donc que celui de DBBDLP devienne un document de référence qui ornera vos frigidaires et portes de toilettes, voici pour vous.
Andrei Kostitsyn
Brian Gionta
Carey Price
Mathieu Darche
Erik Cole
Frédéric St-Denis
Josh Gorges
Hal Gill
ChrIs CampolI
Jaroslav Spacek
Tomas PleKanec
Lars Eller
Michael Cammalleri
David DesharNais
Max PaciOretty
Pernell Karl Subban
Andreas EnQvist
Raphael Diaz
Aaron PaluShaj
Travis Moen
Peter BUdaj
Andrei MarkoV
Ryan White
AleXei Emelin
Yannick Weber
Scott GomeZ
Hier, Johan Franzen a donné la victoire aux Wings avec un but en prolongation. Reste à savoir qui, de Minnesota qui encaisse la défaite ou de Franzen qui encaisse la barre horizontale, a eu le plus mal. Au passage, remarquez la jolie passe de Holmstrom sur la séquence.
Du bon bord de la puck préférait l’Iginla aux prises avec des spasmes au dos et le René Bourque de 2007-08. Vrai que le Calgary nous battait aussi en ’89, mais à l’époque, on avait au moins la stache à McDonald pour nous divertir. Nous vivons une bien triste époque.
Par ailleurs, Colaiacovo, Dipietro et Hemsky sont blessés. Je devrais pas (c’est pas fin), mais je ne peux pas m’empêcher de trouver ça drôle. Au moins un peu.
Chaque année, un pooleur téméraire se risque à la sélection de Carlo Colaiacovo. La tentation est grande: repêché au 17e rang au total en 2001, le potentiel offensif du défenseur est indéniable. Au cours de ses trois dernières saisons, il a produit à un rythme régulier, compilant une moyenne tout juste en-dessous de 0,5 point par match. Le problème, c’est que Colaiacovo flirte avec les bandes plus qu’avec les points. Chaque saison, une blessure relativement importante assombrit sa fiche. Quelque chose comme la version contemporaine de Brisebois. Cette année n’en sera pas une d’exception, Colaiacovo n’ayant fait languir personne: dès la première rencontre de la saison, il a quitté le match avec une commotion cérébrale. On ignore pour l’instant la durée de son absence. En attendant son retour, voici une séquence illustrant élégamment sa carrière.
Y’a des défaites desquelles on met du temps à se remettre. Des victoires aussi. De celles qu’on arrose trop. Celle de dimanche, par exemple, où Canadien s’est offert un banquet au match dit historique à Winnipeg, avec des Jets avec pas de Selanne ni d’Hawerchuk. La première victoire revêt une douceur particulière: il a fallu fêter ça. Comme Canadien ne rejoue que jeudi, on pouvait exagérer sans se tromper. Là, le temps de se remettre, je vais me permettre une redite de l’an dernier. Mon commentaire sur les pools, puisque le mien avait lieu samedi dernier. Voici donc, pour une seconde fois.
* * *
Faut pas chercher de midi à quatorze heures. Je veux dire, des fois, le bonheur est juste là. On aura beau faire de la littérature autant qu’en veux-tu en v’là, déconstruire le vers pour dire l’amour, faire de la narratologie pour se soustraire au boulot – en somme autant de choses simples menant au bonheur –, parfois le bonheur est et ne sera jamais rien de plus que juste là. C’est que, voyez-vous, c’était jour de repêchage du Pool Trevi, samedi, et c’était quelque chose comme un moment parfait : simple, inutile, mais parfait.
Depuis l’avènement d’internet, les événements du 11 septembre et la nouvelle réalité de la Ligne nationale (NDLR Aujourd’hui, on dirait nouvelle réalité de la Ligne nationale 2.0), aucun amateur de hockey moyen ne peut survivre sans s’abonner à au moins un pool. Bah, la chose se peut, mais elle ne se dit pas : ce serait comme d’avouer être fan des Leafs. Les néophytes et les désintéressés liront d’un œil étonné cette propension de l’amateur moyen à participer à plusieurs pools. C’est que, voyez-vous, le pooleur cherche satisfaction. Quand on vous demande comment se porte votre pool, vous avez toute la liberté de choisir celui qui va le mieux : il s’agit de surveiller ses arrières (Green, Letang, Edler et cie). De même, la nuit venue, si l’alignement d’un de vos pools a connu une mauvaise soirée, il vous faut cette possibilité de vous rabattre sur l’alignement d’un autre pool qui lui, a été excellent. Ainsi, au fil de la saison, vous aurez connu une pléthore de petits moments heureux, instantanés et brefs, et pourrez en toute quiétude finir bon dernier dans chacun de vos pools.
Le pooleur est un carpediemiste en puissance.
Entendu au repêchage du Pool Trevi 2011-12
Petr Budaj, alias Goussse
Swingue David Backes dans le fond de la boîte à bois
Ah ben, Sami Salo (sur l’air du succès des Vilains Pingouins)
Vincent Damphousse, sur sa prise de bec avec son ex: Elle peut pas toujours avoir un casque sur la tête
Kulikov, y’a pas joué dans Lance et compte lui?
Oui, bon, fallait être là.
Justement.
La prochaine fois, on jase de Perry et Dubinsky, qui ont jeté les gants, échangé quelques coups, et ont été puni pour deux minutes chacun, pour rudesse. Et l’analyste de dire: Roughing? Well, I guess you call this roughing.
Commentaires Récents