Éprouver sa foi

4 05 2008

Jésus est mort

Partisans, il faudra revoir certains de nos dogmes : le sauveur et son ombre n’ont pas été la hauteur hier soir. Faudrait être Pedneault avant l’heure pour lancer la pierre au jeunot de 20 ans, mais je ne serais pas surpris si on était, disons, plus réaliste à son endroit dans l’avenir. Il sera bon, très bon peut-être, mais s’il patine sur la glace, il ne marche pas sur l’eau, lui. Et puis, il risque de marcher sur des œufs pour les prochaines semaines.

Faudra voir si la Ste-Flanelle traînera jusqu’à l’an prochain ses nouveaux adeptes, et incidemment le débit élevé de ses ventes de produits dérivés. Je connais d’ailleurs quelques apôtres du capitalisme qui ne seront pas déçu de cette série, où un Umberger aura été dominant, et où on ne retiendra que le Price du Jesus.

Si je comprends bien, vous êtes en train de me dire, à la prochaine fois…

Pardonnez le cliché, mais vous l’avez sûrement fait hier soir, autour de 22h et de quelques bouteilles vides, l’air de vous demander si vous en ajouteriez pour vous donner le courage de brûler des chars quand même. Je ne sais pas pour vous, mais mon réalisme pragmatique a perdu le support de Toutatis, hier. Moi qui prenait les matchs un à la fois jusqu’au 7e, et puis ensuite, pareil, jusqu’à la parade de la Catherine : il m’a fallu prendre les saisons une à la fois. Et quand vous êtes prêt à une telle ellipse dans la courte histoire de votre vie, ça va vite. Menfin, en autant qu’on gagne notre prochaine Stanley avant les Leafs…

La racine du problème

Vous me savez à l’affût de tout problème d’ordre linguistique. Je suis heureux d’avoir compris quelque chose de fondamental, hier, à 16:56 de la troisième période, cependant que notre ascète aphone baissait les yeux, à genoux devant les célébrations des Flyers qui jouaient la mort de ses rêves en requiem. C’est qu’il fallait voir la réaction de capitaine Carbonneau (merci à Jacquot, le caméraman), expiant tous les osties et les ciboires du monde dans un éloquent tabarnak. Vous vous demandez où je m’en vais? Moi aussi. Toujours est-il que j’essaie de comprendre cet être, francophone dans l’adversité, qui doit diriger une équipe en anglais. Car, vous souvient-il, sa cravate était hier encore source d’espoir quantifiable. Or, je vous passe la traduction, mais cravate, en anglais… Vous me voyez plus venir, là, avec mes hautes et mes gyrophares grammaticaux dans le tapis? Comment peut-on gagner avec à la barre un entraîneur qui incarne ses chimères dans une prosodie de la nulle? Hein, je vous le demande. Comme quoi tout est dans tout, et pas toujours pour le mieux. Mais quand même, je l’aime bien dans le fond, notre Carbo.

Allez, je vous laisse en nous souhaitant Brunnstöm (je vous vois déjà googler ça)!

Yan-Yan





Être croyant

29 04 2008

Problème sémantique

Quand verrons-nous des drapeaux de Canadien en berne sur les chars? Montréal coule en flammes au milieu de ses torrents d’eau pendant que les chroniqueurs sportifs descendent au fond des choses. Et les questions sont nombreuses au gris lendemain de la défaite. D’Est en Ouest, un mot brûle toutes les lèvres, découvrant des accents québécois des plus pittoresques: poteau. Ce n’est pas un hasard, nous apprend d’ailleurs le Robert: 3. Spécialt Poteau (d’exécution), où l’on attache ceux que l’on va fusiller. De ce premier phonème surgit l’inextinguible fatalité du sort. En effet, un habile glissement du signifiant nous instruit davantage sur ce qui attend Canadien: le meilleur ami de Biron devient potence pour qui ne sait pas le déjouer. Et de là, un peu de golf.

C’est que notre Price commence à ressembler de plus en plus à Jésus, sauveur comme dans sauvette. On a même vu un Slovaque entre les deux [poteaux] hier, et je ne sais pas si votre mémoire d’homme vous rappelle une telle présence en séries pour Canadien, mais du plus loin que j’ai osé vérifier, ça n’est jamais arrivé. Cela dit, on peut faire confiance au jeune cerbère slovaque, à la lueur de ses choix politiques réfléchis: Patrick(e) Roy ne figure plus sur son masque…

Adopter une attitude plus productive

Vous souvient-il de la dernière saison de Radek Bonk avec Canadien? Michel Bergeron avait juré qu’il monterait les marches de l’Oratoire à genoux si Bonk marquait 15 buts. Pas mal comme engagement: Bonk a, cette année-là, plus que doublé sa production de buts de la saison précédente. C’est ce qui m’amène à vous questionner sur vos habitudes de vie, cependant que Canadien tire de l’arrière 2-1 dans sa série. Avez-vous agi honnêtement, eu égard à votre amour pour Canadien? C’est qu’il est loin de la Coupe aux lèvres, et que se proclamer meilleurs partisans du monde ne suffit pas toujours. Il faut aussi se sacrifier pour la cause. Je vous laisse à vos croyances, mais faites quelque chose, je vous en prie.

Cour d’appel

Nous avons reçu quantité de lettres nous accusant de ne jaser que de Canadien, négligeant ainsi les autres séries âprement disputées dans les autres villes de la Nationale Hockey Ligue. Nous sommes heureux d’avoir le pouls des quelques milliers de lecteurs assidus qui fréquentent ce blogue, mais nous voudrions quand même leur répondre ceci: Nous ne discutons pas des autres séries parce qu’elles impliquent les prochains adversaires de Canadien, et qu’à Du bon bord de la puck, on prend les matchs un à la fois. J’espère qu’il y a dans cette réponse de quoi vous satisfaire.

En attendant le match de demain, je vous invite à garder votre foi en vie, illuminée par la sage parole de Monty Python: Always see the bright side of life.

Vous verrez comme les choses iront mieux la prochaine fois qu’on se parlera.
Yan-Yan





Évaluer le facteur chance

25 04 2008

Un autre K dans l’engrenage de Canadien

Michel, toi qui as son nom dans la Bible, peux-tu envoyer une bulle de remerciements à tes chums d’en haut? C’est que le Philadelphia Inquirer atteste que si Kostopoulos a eu la chance de redorer le blason de la Grèce – pas reluisant depuis l’Antiquité, avouons-le – en donnant la victoire à Canadien, c’est parce que le karma a eu le dernier mot. En plein ça. Écoute, je sais que tu es moins calé en hindouisme (vous avez brûlé quelques adeptes dans le temps), mais je ne savais pas que les dogmes avaient aujourd’hui droit de parole dans les arènes du sport d’élite, peux-tu m’expliquer ça un peu en sirotant ta grosse?

Le même journal a évoqué les lois de la physique, qui seraient à l’origine de la défaite des Flyers, ayant travaillé pour Canadien ce soir-là. Oh, pas grand-chose, c’est vrai, Einstein peut dormir en paix : des bâtons élevés et cassés. Quant à moi, je n’ai pas été ébranlé dans mes convictions : j’ai vu la rondelle monter, puis redescendre. Entre-temps, Kovalev avait tapé dessus un peu, pour être sûr. Newton peut corroborer la simplicité de l’événement, à savoir la trajectoire de la rondelle. Avec un peu de Nostradamus, il aurait pu aussi prédire que Kovalev allait la mettre dedans, et encore un peu plus tard.

Peut-être alors est-ce le bâton brisé de Carter qui fait office de nouveau théorème physique. Encore là, je suis sceptique : on sait tous que Canadien a toujours eu recourt aux bâtons irréguliers de l’adversaire pour gagner la Stanley : rappelle-toi Marty et sa banane en 1993. Je vais digresser, là. C’est que si on s’acharnait moins sur les Autochtones, on aurait de meilleurs bâtons. Au 19e, les Micmacs fabriquaient déjà des bâtons, et pas des picouilles : ils étaient tout d’une pièce et on pouvait les utiliser pendant trois ans avant qu’il nous fasse perdre la mise au jeu qu’il fallait gagner. Le truc, c’est qu’ils se servaient d’ormes centenaires, tandis qu’aujourd’hui, avec l’engeance humaine, on n’a plus que des petites pousses, qui font rire n’importe quel lichen en Toundra. En tout cas, avec des If, les Flyers auraient peut-être gagné, je le concède.

Encore un peu de n’importe quoi…

J’espère que vous avez tous eu la présence d’esprit de lire tous les nouveaux articles sur rds.ca. C’est que feu le Glorieux Michael Leighton (bon, il n’a fait que pratiquer avec Canadien, mais je me souviens très bien avoir vu Julien le regarder sur le banc, l’envoyant presque dans la mêlée après un but alloué par David « emmental » Aebischer; il a failli jouer, je vous dis) vient de faire 98 arrêts. Bon, on pourrait arguer que c’est dans la LAH, une ligue dominée par Jason Krog (qui n’a même pas réussi à jouer plus de matchs que Benoît Brunet en 10 ans de carrière), mais je voulais lui adresser un petit memoriam pas trop vulgaire, pour honorer sa performance.

Au fait, vous saviez que le match le plus long de la LNH s’est soldé par un but de Mud Bruneteau. Mud? Je sais pas pour vous, mais il me semble que c’est le gars que tu veux avoir dans ton entourage.

V’là, je vous quitte, faut que j’écrive au Ministère de l’éducation pour les féliciter de l’introduction du cours Éthique et culture religieuse. Avec ça, on pourra peut-être un jour contrecarrer les plans du karma, et avoir un vrai match de hockey, avec pas d’équivoques et tout et tout.

C’était Yannickoux-Marcoux, pour Du bon bord de la puck





Épopée d’un vrai partisan

24 04 2008

Je cède… Chacun son grand blond, confirme le proverbe. Nous, le nôtre, il est en Espagne. On l’aime quand même. Surtout qu’avec le dernier grand match de Canadien, il s’est donné d’autant plus de raisons de se faire aimer. Voici sa route de Compostelle, son épique séjour chevalin dans les embrassades voodoesques de la foi Ste-Flanellienne. En somme, les mémoires de notre nouvelle Jeanne d’Arc.

Courriel premier

Bon : je me suis acheté des saucisses cheaps, des pains à stimer, un six-pack de frettes en canettes tablettes; je me suis acheté des bas rouges (je ne porte que du bleu-blanc-rouge); j’ai bu du maté toute la journée; voici ma facture du match sur RDS que je vais écouter à 1h30 en même temps que vous. Je fais tout ce que je peux, si vous croyez en la magie, on gagnera; si vous sentez que j’ai oublié quelque chose, pour peu que mon intégrité physique s’en trouve respectée, et considérant que les magasins sont fermés à cet heure, il vous faut vite me passer vos corrections. Je peux prier, je peux faire le bacon, je peux me laisser pousser le poil aussi, etc. Je compte être chaud à la fin du match, sachez-le. Je prendrai des photos à chaque pause pub afin de documenter cet ultime théâtre de bières et de vicieuse partisanerie. Il y a une odeur qui veut persister ici.
¡Vamos Gloriosos Santa Franela!

NDE. Au courriel était joint la facture de la webdiffusion, qui devait convaincre les sceptiques, en attendant le courriel 2.

Courriel second

Ah! et mon coloc a misé 5 euros sur le Canadien et 5 autres euros sur une victoire de 3-2. La maison est hockey! Et voyez comme je suis fort et croyant!

Courriel tierce

Je chui sxaud… (2e endragde)

Courriel quatre

Punichion a Chavard; j’ai pechque finie ma chigième bièr. Cha porte fruit. Attenchon wachigngueten.

Courriel cinquième

Me ress trois gorgées, ch’convainquú, mâchoir’. (de la prochaqaine retour zemaine)

À nouveau, Du bon bord de la puck ne recule devant rien, et affirme, sans équivoque: CQFD.

Olé!

Rapporté par Yan-Yan





Lancer un chien par des cris

24 04 2008

Un peu de fiel sur vos toasts?

La question de rds.ca aujourd’hui : « Avez-vous pardonné à Daniel Brière d’avoir préféré l’offre des Flyers à celle du CH? » Est-ce seulement moi ou les instances chrétiennes ont changé leurs édits, arpentant désormais les chroniques sportives de leurs préceptes moraux menacés par les péchés? Je veux dire : depuis quand Brière était-il tenu de signer avec le CH, et qui sommes-nous, vulgaires partisans brûleurs de chars de police, pour décider de la vie d’un individu à qui nous n’avons jamais parlé? Déçu, ça, c’est tout à fait légitime, Brière est un excellent joueur et l’avoir parmi nous eut été un cadeau. Un cadeau, justement. J’aimerais qu’on m’explique tout ce nationalisme patriotique, où la vie d’un individu nous revient de droit de par sa nationalité, identique à la nôtre. Jouer pour Canadien, c’est le rêve de plusieurs Québécois, certes, mais pas de tous.

Nous sommes les premiers à chérir nos Kovalev, Kostitsyn, Koivu, Markov et cie. Or, tous ces joueurs ont quitté leur patrie respective pour venir jouer pour Canadien. Doivent-ils être conspué par leurs compatriotes pour autant? Sont-ils tout autant de traître à la patrie, pour le simple fait d’avoir préféré Canadien – et incidemment la LNH – aux équipes qui évoluent dans leur pays, devant leurs partisans compatriotes? Je suis là, oui, vous me voyez, béat d’interrogations. Et je me demande quel part du blâme portent les chroniqueurs sportifs en regard de la pinata Brière. C’est que les gérants d’estrade de la tee-vi étaient nombreux, avant le premier match de Brière à Montréal cette saison, à se demander, à haute voix et devant des milliers de téléspectateurs, si les partisans allaient huer ou non Brière. Je reconnais qu’il n’y a rien là qui puisse manquer de respect à M. Brière, mais il ne serait pas étonnant que cette assertion, souvent répétée, ait pu influencer les cris injurieux, huées et autres calomnies qui accueilleraient plus tard notre gaillard de même pas 6 pieds.

Le cas Ryan Smyth

Il me semble que les amateurs de Canadien pourraient se reporter à l’attitude des partisans des Oilers vis-à-vis Smyth pour repenser celle qu’ils adoptent envers Brière. Faut-il rappeler les faits? Ryan Smyth, né en Alberta (Banff), a été repêché par les Oilers en 1994 (6e au total), et a donné à cette équipe toutes ses tripes jusqu’en 2007 (alors complètement éviscéré). Accusant un retard dans les négociations pour le renouvellement de son contrat, Kevin Lowe, le directeur général de l’équipe, l’a échangé à Long Island, causant ainsi une commotion à Edmonton. Smyth a pris l’avion en larmes, et les partisans l’ont vu partir, tout aussi tristes, espérant qu’il reviendrait se vider le corps pour eux à la fin de la saison. C’est que Smyth devenait joueur autonome (comme Brière, tiens), et était libre de revenir jouer pour Edmonton. Tout le monde l’aimait en cette ville, il y avait élevé ses enfants et tout et tout. Or, le bonhomme a choisi le Colorado, allez savoir pourquoi : l’appât du gain? Un meilleur salaire? Allez savoir. Il n’est pas retourné à Edmonton : second coup de théâtre. Consternation chez les partisans de Edmonton. Certains pourraient avancer : trahison.

Le 23 octobre, Smyth affronte les Oilers, cette fois portant l’uniforme adverse. Il aurait pu être hué, comme Brière à Montréal. Après tout, il avait plusieurs raisons de signer à Edmonton : toute sa vie il s’y était donné, à cette ville. Plutôt : on l’honore. L’organisation lui prépare même un hommage d’une minute, qui précède le match. Smyth est en larmes (bis), tandis que la foule lui offre une ovation debout (je vous invite à aller voir le tout, un peu kitsch mais plein de bonnes intentions : http://fr.youtube.com/results?search_query=ryan+smyth+back+in+edmonton&search_type=&aq=f).

Allez savoir. De toute façon, je dois être fou : un sondage Sports Illustrated a démontré que Montréal avait les meilleurs partisans de hockey. Allez savoir, je vous dis.

Pour en finir avec les platitudes

Euh, je ne sais pas, pourquoi pas un bijou de notre cher Renaud Lavoie : « Qui sème le vent récolte la pluie. » Vraiment, je serais curieux de l’entendre vulgariser le cycle de l’eau, notre tellement pluggé Renaud…

Parlant de flore, saviez-vous que l’étymologie de Brière était : lieu où pousse la bruyère. Quant au verbe « huer », il signifiait (1174-1200) « crier pour faire sortir le gibier ». Je ne sais pas si vous y voyez des liens, mais moi, j’en vois plein!

Bon match ce soir!

Yan-Yan, heureux et serein dans le fond





Points de suture et autres chirurgies esthétiques…

22 04 2008

Saint-Michel, tu as misé dans le mille avec ce bel exercice de numérologie: il suffisait de peu de choses pour démontrer l’irrémédiable, le prévisible, l’inéluctable, et autres synonymes (quoique les synonymes sont un leurre langagier: une nuance, toute ténue soit-elle, marque une différence entre les mots) à propos. Et cependant, quel brio! Je te savais apôtre de faits triviaux et partisan de chiffres qui n’ont aucune incidence sur nos vies, et voilà que tu t’es trouvé une nouvelle vocation. De vulgarisateur pour les irréductibles partisans, de sauveur pour les sceptiques impies. Voilà, ce devait être dit.

Marre, j’en avais marre de lire des éditoriaux (peut-on écrire un éditorial si on n’est qu’un “journaliste” sportif, ou est-ce un terme réserver aux chroniques des vrais journalistes?) qui conféraient un avantage aux Bruins. Diâble, peut-on m’expliquer deux choses: d’un, comment les Bruins pouvaient-ils avoir quelque avantage sur le Canadien (après tout, on est en 2008); de deux, comment peut-on jouir d’un avantage alors que le match n’est pas commencé. Car, en effet, dois-je vous rappeler qu’avant que le match ne commence, le pointage était bien de 0-0. M. Farber, de Sports Illustrated, allait même jusqu’à avancer que les Bruins étaient en avance, 3-3. Je ne sais pas si les 536 existent aux États-Unis… Aussi, j’aimerais m’avancer plus avant sur ce phénomène de l’avantage, procédé subjectif et souvent énoncé à la hâte pour se donner des airs avec des constats impérieux. Combien de fois entend-on, au cours d’un match dont le pointage est égal (0-0, 1-1, 2-2, 3-3, 4-4, 5-5, etc.), que telle ou telle équipe a l’avantage sur l’autre? Non! Le pointage est égal. L’engeance humaine est-elle à ce point narcissique qu’elle se croit autorisée de passer outre l’inattaquable vérité des chiffres? Toute cette démonstration est de toute façon inutile, car il suffisait d’être devant un téléviseur hier soir pour savoir que les Bruins n’avaient pas, n’avaient jamais eu, et n’auraient jamais l’avantage sur nos Glorieux. Quel programme de démolition!

Puisque nous y sommes, je profite de ce charmant Soleil Canadien et du lit de verdure depuis lequel je vous écris, bien sur mon cul, pour tâter les quelques heures qui nous séparent de la prochaine ronde. Plusieurs affirment qu’il serait préférable d’affronter les Flyers (à raison de 84% d’après le scientifique sondage de rds.ca), peut-être par appréhension de l’exaltation que procurerait l’époumonage conséquent à la présence de Brière, le traître nouveau; peut-être est-ce aussi pour n’avoir pas à affronter un de nos démons, les Rangers, qui sont impitoyables au point de battre nos Amours même quand la moitié de l’équipe a la gastro, souvenons-nous. Je m’en remets à Michel pour établir une allégorie numérique établissant les réels enjeux que nous proposerons les prochains adversaires. Voici quelques réflexions qui introduisent un peu les deux équipes:

- Les Rangers sont menés par Jagr, qui n’est pas sans rappeler (feu) Z-deno Char(i)a, à savoir : grand et Tchèque. Il serait donc une cible choisie pour le CH, comme le confirme le dicton: Il faut battre le Tchèque tandis qu’il est chaud.

- Les cerbères québécois font la vie dure au Canadien. Thibault, Denis, Sabourin et Leclaire, pour ne nommer que les moins bons, ont blanchi le Canadien cette saison. Peut-être serait-il risqué d’affronter Martin, le sympathique Biron. Aussi, huer Brière peut s’avérer agréable, mais encore faudrait-il l’empêcher de marquer: le néo-traître à la voix de stentor serait certainement l’élu de madame conne Smythe si elle devait choisir demain son héros.

- Canadien n’aligne plus Benoît Brunet, mais il peut encore être fragile, comme l’ont démontré plusieurs chevilles en fin de saison. Il serait peut-être risqué d’affronter les Flyers, guillotineurs comme à leurs plus beaux jours, où il fallait réunir une ligne entière pour dénombrer une dentition complète. Quant à eux, les Rangers sont inoffensifs, réunissant un grand nombre d’européens avec des visières.

- Enfin, il serait excitant – et je ne doute pas que les journalistes feraient de ce suspense un sujet de prédilection, jour après jour après jour – de voir la rivalité qui ne tarderait pas à s’établir entre Price notre Héros et Avery le raciste. Aussi pourrions-nous, au terme de chaque match, poser la grande Question: Price serra-t-il la main de Avery au terme de la série?

Voilà quelques a priori, qui jette une lumière blafarde sur ce qui risque d’être un autre bon moment de hockey. Cependant, peu importe l’adversaire que Canadien devra vaincre, je n’ai aucun doute que la Sainte-Flanelle amorcera la série avec un avantage sur celui-ci.
Merci d’avoir eu le guts de jeter autant de temps aux oubliettes, je m’en rappellerai.

Yan-Yan





La puck roule de not’bord…

19 04 2008

Bienvenue sur le majestueux blogue “Du bon bord de la puck”, où un groupe d’amoureux de la prose sportive se relaieront pour partager avec humour le regard qu’ils portent sur ce sport que nous affectionnons tant.

Au plaisir de s’y retrouver, entre deux 50 ou deux victoire du CH,

Michou