Chronique d’une mort annoncée (remake)

Fidèles à eux-mêmes, les Chaloupes refusèrent le protocolaire hymne national au profit du leur. En vérité, quelques latineries qui vous remettent la patate à la bonne place : Flouche! Flouche! Flouche! Ou, plus simplement : fluctuat nec mergitur.

Après avoir servi une correction au National, les Nordiques étaient en ville. La rivalité Chaloupes-Nordiques n’est pas à redire puisque la saison dernière, ils s’étaient partagé leur série de deux matchs, chaque équipe l’emportant chaque fois par un seul but. C’était aussi une excellente occasion de redire à Québec notre écoeurantite pour la Nordiques nation, la Shoah.FM et autres consorts de la droite maudite.

Pour l’occasion, les Chaloupes souhaitaient la bienvenue au nouveau venu à la défense, Vincent Lefebvre, un colosse de plusieurs pieds et de plusieurs livres. Sa venue était de bon aloi, puisque ce dernier ouvrit la marque tôt dans le match, tandis que les Chaloupes profitaient d’un avantage numérique. L’événement fut accueilli par de nombreux sourires, scène qui devrait se reproduire souvent au cours de la saison.

Les Nordiques jouaient à la Dale Hunter, c’est-à-dire en écopant de plusieurs punitions qu’ils contestaient systématiquement. François-Xavier se moqua de toute cette puérilité et de sa cheville endolorie pour enfiler un second but en deux matchs. La Sainte-Barque naviguait en eaux douces!

Cependant, la première vague d’avantage numérique des Septentrions déferla sur les Chaloupes, et le temps d’un tir voilé et d’un 2 contre 1, les deux équipes étaient à nouveau au point de départ. L’engagement pris fin : 2-2.

Les Chaloupes profitèrent de l’entracte pour s’offrir une rasade de Gatorade. Celui qui est caché dans la marmite qui est dans la cabane du fond, dont la porte ne ferme pas bien et qui n’est pas gardée la nuit. Le Gatorade magique, dis-je, qui bleuie la langue. On ajusta aussi le tir, à grands renforts de stratégies napoléoniennes. Le temps de se serrer les coudes et de s’en promettre une belle, c’était reparti.

Les Nordiques dalehunterisèrent à nouveau et l’arbitre les admonesta, évoquant les lois divines et les pensées de Pascal sur le divertissement. L’avantage numérique de la Franche Nacelle sévit à nouveau, redonnant une avance de deux buts aux CH, gracieuseté de Bim et Steven. Il y eut ensuite quelques escarmouches verbeuses, où l’on évoqua encore un peu Platon et ses avocats. Le sang des joueurs prit quelques degrés.

Avec un peu moins de sept minutes à faire, Édouard fut prit en faute pour avoir courageusement défendu un François-Xavier se faisant molester côtes, tibias et phalanges. Un joli tic-tac-toe (Blake) eut raison du #13 des CH : 4-3. La fin du match serait résolument enlevante.

Le filet de pêcheur de la Sainte-Barque fut pris d’assaut par les Nordiques, mais la défensive tint le coup. À cinq minutes de la fin, une lourde frappe des Nordiques vint s’écraser sur la transversale, qui tinta tel un glas. On entendit Merde! puis, plus rien.

Les minutes s’égrenaient, on se tapait fort sur les cuisses, mais rien n’était encore joué. Steven et David étaient encore en fond de territoire adverse quand l’arbitre s’époumona : Deux minutes! Alexis et Luc, inspirés, travaillèrent d’arrache-pied le long des bandes pour conserver l’avance. Le sablier déferlait et la balle dormait en zone adverse : rien à déclarer. C’était cependant sans compter sur la hargne des Nordiques, qui causèrent un revirement qui força Vincent à la faute : les Nordiques allaient finir le match en avantage numérique!

Les Nordiques retirèrent leur gardien à la faveur d’un cinquième attaquant, et le #17, en tombant, évita tout juste la honte d’un ryanobyrne, sa passe ratée déferlant jusqu’au poteau de son filet déserté. Néanmoins, la relance fut immédiate et une montée à l’emporte-pièce permit une dernière occasion. À cinq contre trois, les options étaient nombreuses. Un joueur seul dans l’enclave bretthullisa, tirant dès la réception d’une coquette passe. Le banc ferma les yeux et retint son souffle. Un instant, on crut qu’il faudrait faire du surtemps. Heureusement, la jambière de Yannick fit un pied-de-nez aux espoirs des Nordiques, et la balle ne trouva jamais le fond du filet. Mission accomplie pour les Chaloupes : une victoire bien méritée.

On convoqua alors un huis clos dans le vestiaire afin de revenir sur cette victoire chèrement acquise. Des rumeurs voulurent qu’une grande nouvelle serait annoncée à la conclusion de la réunion. À la sortie, tout fut démenti, il s’agissait plutôt de célébrer. Ainsi qu’à la conclusion de chacune de leurs aventures, les Chaloupes couronnèrent le tout par un immense jamboree au Dieu-du-Ciel!

Les Chaloupes amorcent leur saison du bon pied!
Lance et compte (remake)

Le centre GM (Gymnase Montréal) avait revêtu ses plus beaux atours, afin de célébrer le début d’une nouvelle saison de la grande LHC : y’avait de la poussière dans les craques, du poil sur la bol, du ti-wrap plein le net et du mâle dans le vestiaire. Les Chaloupes, quant à eux, entamaient la 4e saison de leur histoire, forts de quelques modifications à leur alignement. C’était en effet le grand retour de Luc Lafontaine, dit Bim, lui qui avait dû renoncer au gilet bleu après avoir l’avoir honoré de sa sueur lors de la saison inaugurale. Parmi les retours heureux, soulignons celui de François-Xavier Charlebois, qui avait subi une sombre blessure au bas du corps lors des plus récentes séries. Après s’être trimballé de l’Arkansas à New York afin de consulter les meilleurs médecins, il était heureux de retrouver ses coéquipiers plus tôt que prévu.

C’est le National qui devait passer dans le tordeur des Chaloupes pour ce premier match. Saku Koivu, de passage à Montréal, devait procéder à la mise-en-jeu protocolaire, mais a dû s’absenter pour blessure au corps. Ça sentait fort le fond de tonne dans l’équipement du gardien des CH, et Yannick vacillait d’un poteau à l’autre en attendant le début de la rencontre.

Finalement, la balle tomba et la saison fut accueillie par plusieurs cris : Ici, ci, ci! La mise-en-jeu initiale fut d’ailleurs un moment fort du match. Gagnée par le National, il ne devait plus rien remporter. Ça rotait fort la dinde sur le banc, mais sur le jeu, les CH était partout. Un bel effort collectif où, en dépit d’une considérable avance, les joueurs se donnèrent à fond jusqu’au bout. On en profita pour engraisser les statistiques. Résultat : 8-1. Je vous épargne les détails, par trop humiliant pour une équipe qui s’ennuyait de Pierre Lambert, et pas qu’un peu! Reste que ce premier match est plein de promesses pour une équipe qui est toujours en quête de son premier titre.

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