Dictionnaire des idées reçues sur le hockey

Il fut un temps où le hockey était simple, et même à Montréal. Y’avait la main, et d’un bord les Maroons, de l’autre, les Canadiens (NDLR : Les anglophones et les francophones avaient chacun leur équipe montréalaise, les Canadiens appartenant à l’époque aux francophones. Non, ce n’est pas les Molson qui ont renversé cet état de fait, c’était déjà perdu). Chacune gagnait son lot de Stanley, et ça se tapait gentiment sur la gueule pendant les matchs. Une belle rivalité basée sur un sain racisme. Maintenant, bah, je préfère sauter des lignes, mais c’est nettement plus compliqué. Le hockey est reconnu par les plus hautes instances, des gars comme Jacques Demers accèdent au Sénat, Canadien est enseigné à l’UdM… Pour un partisan aguerri de Canadien et habitué aux talkbacks de RDS, passe toujours, mais pour le néophyte?… Comment trouver une base solide où ancrer une naissante passion pour le hockey? Vous l’aurez compris, c’est à vous que je m’adresse, vous qui m’avez livré votre enthousiasme et confessé votre désarroi. Eh bien, pour vous, voici un petit lexique, inspiré du travail de Flaubert, pour vous aider à saisir les rudiments du sport. Et comme le sport est en constante évolution, je vous promets une mise à jour perpétuelle; après tout, Diderot a bien son Encyclopédie universelle : pourquoi n’aurais-je pas mon Lexique de Canadien?

Joueurs

Hal Gill : 1. Géant défenseur qui rappelle L’albatros de Baudelaire lorsqu’il patine. Sa signature concorde à peu près avec le renvoi de Francis Bouillon, décision qui nous a coûté 136 363$ le pouce (ou 61 983$ le cm). 2. Joueur mis sous contrat par un DG ayant abandonné le rêve d’enfance qui nous apprend que c’est pas parce qu’on est petit qu’on peut pas être grand.

Scott Gomez : Ne vous laisser pas berner par son salaire exorbitant (8M$), cet homme devait, un jour ou l’autre, se retrouver avec Canadien. Le premier joueur latino de la Ligne est un des rares joueurs nés en Alaska; certaines mauvaises langues disent qu’il fait déjà mieux que Koivu en prenant des leçons de français. N’est pas un magnifique exemple d’accommodement raisonnable?

Carey Price : Il est une incarnation contemporaine de la victime sacrificielle. L’homme que l’on surnomme Jesus Price – désormais avec une certaine ironie – a de moins bonnes statistiques que son homologue biblique : il n’a que vingt-deux ans et déjà on l’a cloué sur la croix du Mont-Royal.

Règlements

Hors-jeu : 1. Lorsqu’un joueur pénètre en zone adverse avant la rondelle, il y a hors-jeu. 2. Si vous regardez Canadien, vous comprendrez aisément le hors-jeu en observant Laraque qui, possédant la rondelle, parvient rarement à devancer ses coéquipiers en pénétrant la zone adverse.

Canadien

Robert Gainey: 1. Feu directeur général de Canadien qui a connu une prolifique carrière avec ladite équipe (a remporté 4 Selke (meilleur joueur d’avant défensif) et son numéro (#23) a été retiré). 2. Il a appris le français, mais on trouve le moyen de l’accuser de racisme (certains préfèrent le terme Frogbuster). En effet, une théorie du complot, menée de front par le scientifique ouvrage de Bob Sirois (un Bob défenseur du fait français, euh), affirme que Gainey met tout en oeuvre pour dépouiller Canadien de ses francophones.

Équipes

Bruins de Boston : 1. Éternels rivaux de Canadien qui peinaient à nous battre avant de trouver tze solution : engager d’anciens Canadiens (Bégin, Ryder, Recchi, Julien). Richard Desjardins : Il y a certaines traditions qu’il nous faut conserver, comme celles de tuer les indiens et d’éliminer Boston.

Maple Leafs de Toronto : 1. Symbole du désir canadien d’assimiler les Québécois, les Leafs portent un chandail bleu et blanc, orné d’une feuille d’érable. 2. La photo de la dernière Stanley des Leafs est en noir et blanc. Leur nom est d’ailleurs un acronyme : Losers Even After Fourty Seasons.

Nordiques de Québec : Certains veulent nous faire croire, non sans une certaine réussite, qu’ils sont une manière de paradis perdu. Les partisans de Canadien les aimaient pas mal parce que c’était bon les détester. C’est vrai qu’il y avait une belle rivalité de batailles générales entre ces deux équipes. Le but d’Alain Côté était bon [on y reviendra].

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